Si vous traînez sur les réseaux sociaux et que le mot « Jeu de Rôle » fait partie de vos centres d’intérêt, vous n’avez pas pu y échapper. Depuis des mois, une publicité ultra-présente s’incruste sur nos fils Facebook : un petit projecteur miracle, baptisé Lumx, vendu comme l’accessoire ultime pour révolutionner nos tables de JdR.
De mon côté, j’adore jouer avec des figurines et des battlemaps bien immersives. Le problème ? Les solutions classiques comme intégrer une télé dans une table de jeu, c’est lourd, encombrant et franchement coûteux. J’en étais à réfléchir à l’option d’un projecteur classique, sans trop savoir vers quel modèle me tourner, quand le Lumx a débarqué sur mon écran.
L’offre ? Le projecteur, son pied, et un pack de 100 maps dynamiques incluses, le tout pour environ 100 €. À ce tarif-là, je me suis dit qu’il fallait « payer pour voir ».
Petite parenthèse logistique : j’ai dû voir venir de très loin. Entre ma commande et la livraison, il s’est écoulé environ 6 semaines. Un véritable scénario post-apocalyptique orchestré par une grève de Bpost… Bref, le bousin est enfin sur ma table, et il est temps de voir ce qu’il a dans le ventre. Précision utile : j’ai sorti ma propre carte bleue, cet article est garanti 100 % indépendant et sans conflit d’intérêts.
Ce qui m’enchante : Une promesse tenue pour le prix
On ne va pas se mentir : moins de 100 balles pour un projecteur, un trépied et du contenu numérique, c’est presque trop beau pour être vrai. Et pourtant, le contrat est globalement rempli.
L’effet « Wahou » est au rendez-vous
Au-delà des caractéristiques techniques pures (qui restent un peu modestes sur le papier, on y reviendra), c’est le rendu visuel en jeu qui m’a séduit. Après avoir passé un peu de temps à faire quelques ajustements de hauteur et de focalisation, le résultat sur la table est franchement chouette. Vos joueurs plongent instantanément dans l’ambiance, et l’immersion franchit un cap (voir photos ci-dessous).
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Une connectivité à la carte
C’est la bonne surprise de l’appareil : les options de connexion sont ultra-complètes. Que vous soyez plutôt branché câble ou adepte du sans-fil, le Lumx s’adapte à votre installation :
- Port HDMI et USB
- Connexion Bluetooth
- Application YouTube intégrée directement dans l’appareil
- Application dédiée au partage d’écran via le Wi-Fi
- Stockage interne
Il y a forcément une configuration qui correspondra à votre manière de masteriser. Pour ma part, j’ai rapidement trouvé mes marques pour envoyer mes cartes sans m’emmêler dans les câbles.
Il fait ce qu’on lui demande
Quid du bruit ? Le ventilateur tourne, c’est indéniable, mais son bourdonnement reste tout à fait raisonnable. Il faut juste être conscient qu’il y aura un léger bruit de fond autour de la table, mais rien qui ne vienne gâcher vos descriptions dramatiques.
La conclusion de cette prise en main est simple : la promesse du Lumx est de projeter des battlemaps, pas de vous offrir une séance de cinéma en 4K native. Et pour cet usage précis, à un prix défiant toute concurrence, il fait le job.
La douche froide : Les limites du hardware et la déception des maps
Tout n’est pas rose au royaume de la projection low-cost. Pour moins de 100 €, il faut accepter des concessions techniques majeures, et le Lumx n’y échappe pas.
Un hardware qui manque de souffle
À l’utilisation, plusieurs détails viennent gripper la fluidité de la session :
- Une netteté capricieuse : Le focus n’est pas uniforme. Si vous réglez le centre pour qu’il soit net, vous aurez un léger flou sur les bords opposés.
- La correction trapézoïdale automatique : Elle est tout simplement à la ramasse. Préparez-vous à faire vos réglages manuellement.
- Les câbles : Ils sont beaucoup trop courts. À moins d’avoir une prise incrustée au milieu de votre table de jeu, prévoyez une rallonge d’office.
- Le trépied : C’est le gros point noir de l’ergonomie. Il est trop petit et trop léger. Si vous le posez sur la table, le moindre coup de coude d’un joueur fait vibrer la carte. Pour éviter le mal de mer à mes PJ, j’ai dû le poser sur une chaise à côté… ce qui sacrifie concrètement la place d’un joueur autour de la table.
Le pack de 100 maps : La vraie déception
C’était l’un des gros arguments de vente, et c’est là que le soufflé est retombé. Les cartes fournies ne sont pas du tout à la hauteur qualitative des vidéos de démonstration des publicités.
Elles ont été en grande partie générées via le logiciel Dungeon Alchemist. C’est un super outil, mais accessible à n’importe quel MJ. Pire : l’orientation et la taille des fichiers ne sont pas optimisées pour la projection, et les fameuses animations dynamiques sont souvent d’une discrétion… absolue.
La note positive : J’ai partagé cette analyse avec le jeune créateur derrière Lumx. Loin de se braquer, il a reconnu avoir dû parer au plus pressé face à l’urgence des livraisons. Il bosse activement sur le sujet, et les premiers prototypes de maps qu’il m’a montrés sont franchement encourageants pour la suite. Mais pour l’instant, l’offre de base reste faiblarde.
L’envers du décor : Entre Dropshipping et passion rôliste
Pour quiconque a un peu de bouteille sur le web, les coulisses du Lumx étaient visibles à l’œil nu dès la publicité : un tunnel de vente calqué sur des modèles anglophones, des vidéos promotionnelles américaines simplement traduites, le fameux prix barré un peu grossier (250 € barré pour afficher 99 €, la grande classique du web)… Bref, le parfum du dropshipping pur jus sur un modèle de projecteur générique « catalogue blanc ».
Mais c’est ici que l’histoire devient intéressante.
Derrière Lumx, il n’y a pas un robot ou un opportuniste froid basé à l’autre bout du monde. Il y a un jeune rôliste français, passionné, qui essaie de monter son business et de le faire progresser. Oui, il a fait des erreurs de jeunesse sur sa première campagne marketing, mais il écoute, il encaisse les critiques constructives et il corrige le tir.
Le parcours client a d’ailleurs été amélioré avec un storytelling sympa, et la grille tarifaire a été revue. Lumx propose désormais des offres allant de 139,99 € à 259,99 € selon les packs. C’est la preuve d’une volonté de monter en gamme. Mais attention : si le prix monte, le hardware et la qualité des maps vont devoir suivre le rythme de manière drastique pour justifier l’investissement.
Conclusion : Alors, pour qui est fait le Lumx ?
Le Lumx n’est ni le messie de la battlemap, ni une arnaque à fuir. C’est un outil d’entrée de gamme, honnête pour son prix initial, porté par un créateur de la communauté qui en veut.
- Foncez si : Vous voulez vous initier à la map dynamique sans investir dans une télé ou un projecteur de salon à 500 €, et que vous êtes prêt à bidouiller un peu l’installation pour obtenir un bon rendu.
- Passez votre chemin si : Vous exigez une netteté 4K au millimètre, une ergonomie parfaite dès la sortie de la boîte, et des cartes prêtes à l’emploi de qualité professionnelle.
Malgré ses défauts techniques, j’ai décidé de garder le mien et de l’intégrer à mes parties. Comment ? En contournant ses faiblesses avec un peu d’ingéniosité.
Dans le prochain article, on passe à la pratique : je vous expliquerai comment bien l’utiliser, quels réglages adopter, et les astuces de fixation pour transformer ce petit projecteur imparfait en une véritable arme secrète pour vos sessions !
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